ASSOCIATION DES CULTURES FRANCO-MEXICAINES

ARTS PLASTIQUE PEINTURE LIENS PEOSIE / ECRITS
L'ORGANISATION
PHOTOGRAPHIE
MUSIQUE
GRAPHISME POESIE
ARTICLES / LIVRES
ENFANTS
SOS BACALAR

Si vous souhaitez imprimer cet article, copiez le sur votre logiciel de traitement de texte et modifiez la couleur du texte, celui-ci étant en blanc.

ESPAÑOL



El pajaro / L'oiseau

Marseille Mexico

"La Cucaracha! La Cucaracha! ya no puede caminar..."

Qui, dans l'hexagone n'a pas chanté ou entendu chanter cet air sans savoir, peut-être, qu'il s'agit d'un vieux refrain de la Révolution mexicaine? Une autre mélodie mexicaine "Besame, besame mucho" qui a souvent et longtemps été entendue et, dernièrement, "Cielito lindo" que connaissent tous ceux qui sont allés vivre un peu de l'aventure mexicaine. Qui ne connaît la gloire mexicaine du jour, Santana.

Bien sûr, on ne peut passer sous silence les fameux Mariachis (mot provenant du français "mariage") qui accompagnent toutes les fêtes, de même, que dire de la célèbre et traditionnelle "bamba" de Veracruz que l'on danse toujours avec autant d'entrain?

Et au Mexique, combien de générations ont fredonné ou chanté "La vie en rose", "C'est Si bon..", "Non, rien de rien..." qui conserve de nombreux fans, "Et Maintenant…", entre bien d'autres, les tubs français des dernières années remportent à leur tour beaucoup de succès auprès des jeunes générations.

Les liens qui rapprochent le Mexique et la France sont séculaires. C'est surtout après l'Indépendance de la Nouvelle-Espagne qui devient le Mexique en 1821, que les échanges entre les deux pays se multiplient. Non pas tant sur le plan politique ce qui ne crée que des relations d'Etat à Etat souvent artificielles, intéressées et capricieuses. A ce sujet, du reste, n'existe que la triste intervention française (1853-1866) répondant au rêve insensé de Napoléon III d'étendre son influence en Amérique Latine en faisant de l'Archiduc Maximilien de Habsbourg l' Empereur du Mexique. En réalité, le rapprochement entre les deux pays est né de l'entente entre individus ou groupes d'individus à titre personnel ou à titre professionnel et ce aussi bien sur le plan d'entente cordiale que sur celui d'intérêts littéraires, artistiques, historiques, scientifiques et sportifs, ...entre autres.

Dès le début du XlXéme siècle, explorateurs français, historiens, aventuriers parfois pilleurs ont été attirés par cette région du Nouveau Monde, son passé, sa magie, ses richesses et le pouvoir de séduction de ses habitants, sans parler de la nature même du pays. Les récits et ouvrages de ces romantiques audacieux et infatigables ont fasciné des générations de lecteurs. Tel F.de WALDECK, ingénieur, dessinateur et son "Voyage Pittoresque et Archéologique dans la Province du Yucatán", paru en 1838. Récit d'un original qui, à 70 ans, grimpait à l'assaut d'une colline couverte de broussailles pour prouver que, là, se cachait la fameuse pyramide maya du Devin, à UxmaI... il avait raison. Ou, aussi M. de LARENAUDIERE qui a été conquis par cette "ancienne colonie des Espagnes exploitée et languissante sur un sol fertile et sous le plus beau climat de la terre" comme il a écrit dans "Mexique et Guatemala" paru en 1843.

A la même époque abandonnant leur vallée alpine isolée, des barcelonnettes entreprenants tentent l'expérience mexicaine et partent à la recherche de meilleures conditions de vie dans ce pays lointain en forme de corne d'abondance. Courageux et endurants, ils y sont parvenus et ont créé entre les deux pays un courant de relations commerciales et industrielles dont l'importance est reconnue et appréciée de tous: fondation de grands magasins, création de l'industrie textile au Mexique.

De nos jours, les descendants de ces barcelonnettes sont nombreux et, dans leur majorité, assimilés au peuple mexicain. Toutefois ils n'ont pas été les seuls français à gagner le Mexique. Allez flâner dans I'Etat de Veracruz. Quel ne sera pas votre étonnement, en arrivant dans la petite ville de San Rafael, de vous trouver en face de toitures identiques à celle de l'Hôtel de Vogüé à Dijon ou à celle de l'Hôtel Dieu à Beaune! Cette fois, ce sont des bourguignons qui se sont laissés séduire par le sortilège mexicain et ont pris racine dans cette terre malgré un climat tropical peu favorable. Grâce à la culture du vanillier, plante originaire de cette région, ils élevèrent leur niveau de vie. Désormais leurs petits-enfants se consacrent à l'exploitation des agrumes et à l'élevage.

"Le Mexique est une terre de rêves", a écrit J.M.G. Le CLÉZIO. "Rêve d'une terre nouvelle où tout est possible; où tout est à la fois très ancien et très nouveau". C'est ce rêve qui a, sans doute, attiré le fondateur du Surréalisme André BRETON, Antonin ARTAUD et J.M.G. Le CLÉZIO lui même. Est-ce ce même rêve que les lecteurs français cherchent chez les écrivains mexicains? Arrêtons-nous aux contemporains: Octavio PAZ, Carlos FUENTES entre autres. Parmi leurs oeuvres traduites en français, "Le Labyrinthe de la solitude" de PAZ, "La Région la plus transparente" de FUENTES ont eu beaucoup d'échos. De même "L'Aigle et le serpent" de L.GUZMAN et les récits de J. RULFO.

C'est donc depuis des générations que des affinités profondes unissent mexicains et français malgré des tempéraments très différents. En fait, ils sont les uns pour les autres tout à la fois des sources inépuisables d'étonnement , de dépaysement et en même temps d'intelligences; comment expliquer autrement l'intérêt, l'attrait naturel entre deux formes de pensées, deux cultures si diverses sur bien des plans?

Les peintres français, quelle que soit leur école, n'ont plus de secrets, depuis longtemps, pour certains mexicains privilégiés et maintenant ils attirent des foules de tous âges et tous milieux lors des expositions dans les musées. Il en est de même en France lors des présentations de l'art pré-cortésien. Tout comme Frida KHALO, Diego RIVERA - qui a vécu en France - et SIQUEIROS, ANGUIANO, SORIANO, CUEVAS, TOLEDO sont bien connus des Français qui s'intéressent à la peinture. Les échanges entre artistes des deux pays, lors de rencontres ou de séjours, ont toujours été enrichissants. M.C.HERNANDEZ qui habite actuellement à Paris, K.MILICEVIC, A.MONTAGNE ne pourraient que le confirmer. Il n'est pas difficile d'imaginer l'atmosphère d'une conversation entre le Maître de la photographie au Mexique et dans le monde, Manuel ALVAREZ BRAVO et ses amis, grands photographes français H.CARTIER-BRESSON, J.H.LARTIGUE et E.BOUBAT. Des sensibilités distinctes mais proches dans leur humanisme.

Que dire du cinéma? Les grand noms de l'époque d'or du "ciné" mexicain, Dolores DEL RIO, Maria FELIX plus parisienne qu'une parisienne, Pedro ARMENDARIZ, sont aussi connus en France que l'ont été au Mexique, à leur époque, ceux de Maurice CHEVALIER, de Gérard PHILIPPE - ne l'oublions pas dans "Les Orgueilleux" tourné au Mexique -, de Brigitte BARDOT et de nos jours ceux de DEPARDIEU, BINOCHE, ADJANI, HUPPERT et MARIELLE. Les longs métrages mexicains "Nazarin", "Zapata", "La Sal de le Tierra", et "Los Olvidados" du célèbre cinéaste hispano-mexicain Luis BUÑUEL, ont longtemps occupé les écrans des salles de cinéma françaises et sans doute, les présente-t-on encore dans les ciné-clubs où se retrouvent les fans du ciné et/ou les nostalgiques de l'âme mexicaine. Au Mexique, dès qu'un titre français apparaît à l'affiche, il attire l'attention. Le spectateur sait que l'ambiance, l'esprit du film peuvent l'offusquer mais, malgré tout, il l'accueille avec intérêt. Il sera peut-être surpris, secoué mais il cherchera à comprendre, acceptera, accrochera et généralement sympathisera. Alors que le festival de Cannes 2000 vient de s'achever, on ne peut s'empêcher de penser à deux figures du cinéma actuel, proches l'une de l'autre et remarquées pendant le festival: J.L.BESSON et A.RIPSTEIN. Tous les deux controversés et en même temps estimés aussi bien en France qu'au Mexique.

A propos de sympathie et d'estime partagées, deux noms viennent obligatoirement à l'esprit, ceux de deux grands océanographes: Jacques-Yves COUSTEAU et Ramon BRAVO qui ont maintes fois partagé leurs aventures et leurs observations dans un climat d'entente non seulement professionnelle mais aussi cordiale, chacun faisant bénéficier l'autre de ses découvertes, de son talent et de son expérience.

Les relations culturelles entre la France et le Mexique sont donc anciennes et diverses. Au niveau universitaire, dès les années 30, les boursiers mexicains étaient nombreux en France et les échanges académiques fréquents. Puis des accords entre les deux pays ont permis l'établissement d'écoles françaises, ainsi que l'ouverture de lycées franco-mexicains, d'abord à Mexico, plus tard à Guadalajara, facilitant de cette manière une meilleure approche des deux cultures dès la première instruction. Actuellement, de jeunes universitaires mexicains sont en France, dans des lycées comme lecteurs en espagnol. De jeunes étudiants français pourraient également aller dans des lycées ou des universités mexicaines faire de même. Et à cela, il faudrait ajouter les concerts, les représentations théâtrales - Marcel MARCEAU vient d'être très applaudi au Mexique - qui sont offerts au public des deux pays dans le cadre d'échanges culturels.

Qui plus est, si nous consultons la revue France-Mexique publiée par l'Ambassade de France au Mexique, nous serons étonnés par la multiplicité des rapports et par la participation commune des deux pays dans la recherche scientifique, technologique et dans les entreprises commerciales et industrielles: le métro, les communications, les médias, les laboratoires, le tourisme...Là encore les liens se resserrent.

Loin d'être exhaustif, cet aperçu des relations entre la France et le Mexique prétend seulement apporter quelques réflexions sur ces relations, sur les affinités qui rapprochent les deux nations. Un phénomène d'aimantation anime les deux. Le Français est fasciné par cette terre de volcans aux climats variés, son immensité pourtant accessible, sa violence, l'exubérance de sa nature et de son peuple toujours attaché à ses traditions et à ses croyances ancestrales. Un pays jeune, différent où le fabuleux se mêle au réel, où la magie envoûte. Surtout, l'antique magie, toujours jaillissante des peuples indigènes. Le Mexicain, quant à lui est séduit par l'aspect rationnel de la pensée française, son élaboration mais aussi par le côté latin du caractère gaulois. Du "vieux continent", c'est la France qui attire le plus les mexicains : les nuances de ses paysages, la diversité architecturale de ses monuments et de ses villes, une certaine douceur de vivre même si elle n'est pas toujours angevine.

"Nos vérités sont différentes, nos réalités sont différentes" dit J.M.G. CLÉZIO et cependant nous ne pouvons pas ignorer les liens qui se sont tissés entre les deux pays. Les contraires s'attirent, dit-on. C'est probablement le cas pour ces deux peuples.

    

TARAHUMARAS
CHAMULAS


Peintures : Jackie Bouthillier Marseille


A notre ère de "globalisation" où les relations entre pays se décident dans les hautes sphères des États et des multinationales, généralement à des fins économiques et surtout financières, nous devons protéger, sauvegarder l'aspect humain des relations et pour ce faire, multiplier, resserrer les liens d'harmonie, d'affinités, d'entente et de cordialité qui existent entre les individus et les groupes et donc, entre les Mexicains et les Français.


Ecrit par :Thérése Romero F.

Haut de page
Contact
A.C.F.M / GIE Groupe Opéra BP 53 13484 Marseille cedex 20
Mail