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J'ai rencontré Miguel Guerrero à l'école
de photographie « image ouverte » de Serge Gal,
à Clarensac. Nous nous sommes revus souvent et avons
fait de longues marches, soit dans les Cévennes, soit
autour de St-Guilhem le Désert. Ces grands moments de
calme, ces hauts plateaux, lui rappelaient sans doute les montagnes
du pays des indiens Huicholes, au Mexique, ou il a vécu
près de trois années, vivant comme eux, loin des
villes... (Antonin Artaud disait dans « Les Tarahumaras
» (autre tribu des montagnes du Mexique) : « ...ils
viennent quelquefois dans les villes ... voir, disent-ils ,
comment sont les hommes qui se sont trompés ».
Ce sont ces expériences intenses qui donnent à
Miguel Guerrero la patience qui lui est propre, et la pureté
qui en découle: et cela s'applique à sa photographie
tout comme à sa vie. Sa recherche photographique est
une épuration des deux teintes fortes de la lumière:
le blanc et le noir. Ainsi l'abstraction de ses images est du
photo-graphisme à l'état pur. Vivant avec sa femme
et leurs deux fils dans un petit village du Sud de la France,
Miguel Guerrero construit calmement son uvre, avec l'obstination
de celui qui sait que le temps n'est qu'une illusion. Autour
de sa recherche sur le blanc et le noir, il photographie aussi
des paysages, et d'autres choses. Mais peut-être tout
cela ne sert-il qu'à préparer les années
sur d'autres lieux lointains, d'autres montagnes sacrées...
La pureté de la lumière, au sens propre et au
sens métaphorique, est le seul guide de Miguel Guerrero.
A nous d'écouter le Maître qu'il est et ce qu'il
nous apprend.
BERNARD PLOSSU 1996.
Revue IMAGO Mars 1997
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